Douce France, cher pays de mon enfance, bercée de tendre insouciance, je t´ai gardée dans mon cœur!

C’est marrant, le dernier article que j’ai publié s’appelait « et Paris qui bat la mesure » et relatait de la joie que me procurait un concert dans la jolie capitale française…..c’est marrant ou plutôt c’est terrible ! Que s’est il passé ? Où allons-nous ? Pourquoi ? Comment réagir ? Autant de questions qui me turlupinent toutes les nuits depuis vendredi et qui, je le crains, ne trouverons jamais de réponses.

Comme tout le monde, je crois, je suis horrifiée par ces images de massacres, de ces décapitations d’otages, de ces tortures affligées à des femmes et des enfants, de ces monuments témoins de l’histoire que l’on détruit à coups de dynamites….Je suis horrifiée mais c’est « loin ». Comme tout le monde, je crois, j’ai été affolée en janvier avec les attentats de Charlie Hebdo. Je fus Charlie. Je fus triste, je fus en colère. Je fus indignée. Mais finalement, autant le reconnaître, je me suis sentie « un peu loin » de cette tragédie : ils ont tué des journalistes car ils n’ont pas compris l’humour (explication ultra simplifiée). « On a tué Charlie » ont-ils crié comme un cri de victoire. Les armes contre des crayons….Pathétique ! Comme tout le monde, je crois, je suis horrifiée de ce que j’entends et de ce que je vois dans les médias depuis vendredi 13. J’ai tremblé pour ma famille qui réside dans la région parisienne : et s’ils avaient eu l’idée de décompresser en allant dîner ou boire un verre entre amis en terrasse du Petit Cambodge ou à la Belle Équipe ? Et si, et si ?…. Et là, soudain, je réalise que j’ai peur…oui vraiment j’ai très peur. C’est ça la vie que j’offre à mes enfants ?! Je tremble à chaque claquement de portière, j’ai peur de rester seule à la maison le soir, j’ai peur de déposer mes enfants à l’école, j’ai peur que ma petite dernière aille à Paris dans 10 jours, j’ai peur d’aller à un concert dans un mois, j’ai peur……la folie peut être n’importe où !

Chloé, Thomas, Djamila, Maxime, Ludo, Pierre, Nohemie, Elif, et tous les autres, vous êtes partis beaucoup trop tôt. Je vois vos photos. Vous étiez jeunes, beaux et tellement plein de vie ! C’est peut-être ça que ces imbéciles vous reprochaient : vous croquiez la vie à pleines dents…. Votre tord : être aller écouter un concert, être aller manger en famille ou en amoureux, être aller boire un verre entre potes…. Des plaisirs simples et parfaitement innocents ! Samedi et dimanche, les réseaux sociaux ont été saturés de photos de disparus que leurs familles et amis recherchaient. Parmis ces inconnus, il y a eu vous, Thomas Duperron. Je ne vous connaissais absolument pas. Vous aviez 30 ans, étiez originaire d’Alençon et étiez responsable de la communication à La Maroquinerie, salle de concert du 20e à Paris. Vous étiez fan du groupe Eagle of Death Metal et, sur votre page Facebook, vous vous réjouissiez d’assister au concert avec votre amie Lucile. La photo en noir et blanc utilisée par vos proches était magnifique ; vous respiriez la joie de vivre. Votre famille, vos amis, tous vos proches se sont mobilisés et vous ont cherché pendant 48h…j’ai espéré à plus de 200kms… J’ai suivi, sur la page Facebook créée pour vous, l’évolution des recherches jusqu’à cette phrase qui a sonné comme une délivrance dimanche vers 15h : « Thomas est à l’hôpital Percy de Clamart »….J’étais tellement contente et soulagée. Vous étiez retrouvé et votre famille était prêt de vous. Oui, vous étiez à l’hôpital de Clamart, vous attendiez bien trop sagement votre famille, vous étiez dans l’incapacité de décliner vous même votre identité car, malheureusement, vous aviez succombé à vos blessures (les inrocks).

J’ai pleuré Thomas, pour vous et pour tous les autres. Votre mort est injuste et tellement cruelle. Des beaux hommages vous ont été rendus partout en France et à l’étranger. Des minutes de silence, des bouquets de fleurs, des bougies, des monuments aux couleurs de la France, des prières, du recueillement,….Vous étiez aimés, sachez le… Il y a urgence : il faut dire aux gens qu’on aime qu’on les aime tant qu’il est encore temps ! 

Alors, oui j’ai peur mais je vais me ressaisir. La France à un genou à terre mais elle se relèvera. J’adore cette phrase parue sur les réseaux sociaux : « si boire des coups, aller au concert ou au match, ça devient un combat, alors tremblez, terroristes car on est surentraînés ! » On ne réduira pas nos libertés chéries, on vaincra la haine à coups de camemberts, de Marcel Proust, d’Edith Piaf, de bons vins et aussi de croquembouches s’il le faut  :

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« …Et Paris qui bat la mesure, Paris qui mesure notre émoi… » disait Jacques Brel

Un concert à Paris, c’est toujours l’occasion de passer un bon petit week-end en amoureux. Cette fois-ci, nous allions au concert de Danny Elfman au Grand Rex. Autant vous le dire tout de suite, ce concert je l’attendais avec impatience car c’était mon cadeau de Noël 2014 ! Après 10 mois de trépignements, nous y voilà !!!! Lire la suite

Sola – Paris 5e

Un dimanche soir du mois de mai, je suis installée dans mon canapé avec mes enfants et nous regardons l’émission « sept à huit ». Un reportage débute sur ces japonais qui percent à Paris au détriment de leur famille souvent restée au pays. Un des japonais mis à l’honneur est Hiroki Yoshitake, chef cuisinier du SOLA situé dans le 5e arrondissement. Nous découvrons une machine de guerre : Hiroki Yoshitake travaille 6 jours sur 7, le 7e jour il dort. Sa femme et son bébé sont restés à Tokyo et il ne les a pas vus depuis 4 mois. Il vit dans un 34m2 et n’a pas besoin de plus car de toute façon il ne dort quasi pas de la semaine : il part à Rungis directement après le service vers 1h du matin pour trouver des produits frais, qui ont une harmonie et qui vont bien ensemble (dixit) ! Une fois ses emplettes finies, il retourne derrière ses fourneaux pour peaufiner son menu ou créer de nouveaux assemblages. Mes enfants et moi étions subjugués ! Mon fiston me dit soudain : « je crois que papa adorerait manger dans ce resto ». Il a raison : c’est typiquement le genre de cuisine que Monsieur Mari apprécie.

L’idée germe en moi et je décide de suivre le conseil de mon fiston. Je profite d’un concert à l’Olympia au mois de Novembre pour faire une surprise à Monsieur Mari. Pour une fois, c’est moi qui vais le surprendre ! Je téléphone donc au mois de mai pour réserver une table à déjeuner ce samedi midi. Croyez-le ou pas, ça se bouscule déjà au portillon des réservations !

Samedi 15 novembre, 13h précises, (les japonais ne plaisantent pas avec les horaires), nous poussons la porte du SOLA. Nous découvrons le salon français, une toute petite salle aux murs blancs et poutres apparentes, quelque chose d’un peu vieillot mais tellement confortable. Il y a un 2nd salon en cave, le salon japonais, où il faut se déchausser. Le midi, le menu est découverte (le soir aussi je crois mais je n’en suis pas certaine). On nous annonce qu’il y aura 2 mises en bouche, 3 entrées, 1 poisson, 1 viande et un dessert. Miam, j’en ai l’eau à la bouche. Je tente de regarder sur les tables voisines mais chaque table diffère. Mince, à quelle sauce vais-je être dégustée ?! Nos plats arrivent et ce n’est qu’une succession de « hummmm, wouah, oh j’adore, superbe, un régal, etc…. » ;). Le chef aime revisiter les classiques de la cuisine française en ajoutant sa petite note japonaise. D’ailleurs, le menu affiché à l’extérieur donne le ton :

« restaurant français d’inspiration japonaise ».

Cela donne des associations telles que foie gras au miso, bar et chou de Bruxelles au Yuzu, suprême de canard à la ciboulette japonaise, sashimi de thon rouge et jambon iberico, St Jacques émulsion de haddock et courge butternut japonaise, … Nous avons adoré !

A noter, il faut savoir prendre son temps et ne pas avoir de rendez-vous de prévus. Etant donné que c’était le week-end, cela ne nous a pas contrarié. Au contraire, nous avons profité de ce moment pour décompresser du stress de la semaine. A priori, la table de retraités voisine de la nôtre ne semblait pas être du même avis !

SOLA signifie « ciel » en japonais, ce qui est plutôt juste car, depuis qu’il a obtenu sa 1ère étoile au Michelin, Hiroki Yoshitake ne touche plus terre et ses clients sont au 7e ciel.

sola1

12, Rue de l’Hôtel-Colbert 75005 PARIS Tél : 01 43 29 59 04

http://www.restaurant-sola.com/

 Si vous souhaitez revoir le reportage « Sept à Huit » : 

http://www.reportagestv.com/2014/05/31/sept-huit-etoiles-japonaises/